En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Prix Jean Renoir des lycéens

CRITIQUE N°7- LES OUBLIES

Par ANAIS HANSE, publié le lundi 3 avril 2017 13:48 - Mis à jour le mardi 20 juin 2017 09:49
images.jpg
Abdel, Édouard et Théo ont été touchés par ce film. Ils vous expliquent pourquoi.

      Un sergent danois remonte, une colonne de soldats allemands vaincus en route pour leur pays. Il transpire la haine. Il passe, s’arrête, fait demi-tour et interpelle un allemand tenant un drapeau. Puis, il le frappe au visage.

    A travers cette scène, on comprend la souffrance de cet homme détruit par l’horreur de la guerre. Il hait les allemands, mais peut-on vraiment lui reprocher ?

      Son rôle est de diriger une unité d’adolescents chargé de déminer les plages danoises. Des êtres trop jeunes pour être des coupables. Pourtant, il vont devoir affronter ce sale boulot.

      Tout au long du film, la tension est forte. Les mines peuvent exploser à tout moment. Ces adolescents sont plongés dans la peur de faire le pas de trop, le mauvais geste, la manœuvre qui tue.

     Petit à petit, le comportement du sergent évolue. Il finit par s’attacher à ces jeunes nazis. Il tente de cacher son empathie. I ment à ses chefs et à lui-même. Il essaye de se convaincre que ce n’est pas grave quand l’un d’eux meurt. Que ce ne sont que des petits nazis après tout.

      Mais, quand son chien est pulvérisé par une mine, son attitude va changer brusquement au moment où il tissait des liens avec ces jeunes prisonniers. Son chien auquel il était si attaché en ce monde de brutes.

Il devient alors exécrable envers les jeunes. Il les rabaisse, les humilie. Force l’un d’eux à mimer un chien. Retour à la case départ de la haine ordinaire.

Il ressent ce besoin viscéral de se défouler, retient sa souffrance et laisse place à la colère.

      Les adolescents continuent alors leur travail. Leur espoir : retourner chez eux. Tout au long du film, ils s’imaginent dans leur vie future quand ils seront sortis de cet enfer. C’est ainsi qu’ils puisent leurs forces pour continuer chaque jour ce dur labeur. Plus vite ils auront fini, plus vite ils seront chez eux. C’est qu’ils croient…c’est que le sergent leur a dit. Cependant, ce n’est pas  ce qui est prévu par les autorités militaires supérieurs.

   Un moment très fort nous a marqués : l’épisode de la petite fille égarée sur la plage, ignorant totalement le danger qui la guette. La mère paniquée demande de l’aide aux jeunes prisonniers. Cette femme qui au début du film laissait les jeunes manger de la « mort aux rats » tant elle déteste les nazis…Sans aucune hésitation, ils se lancent tels des sauveurs aux secours de la fillette. Ce passage nous montre que ces adolescents pourtant endoctrinés par le nazisme depuis leur plus jeune âge, engagés dans l’armée allemande car les adultes font défaut restent profondément humains. Mais, nous ne pouvons généraliser.

    Peu de jeunes survivront de cette « revanche post-guerre ». Ils s’en sortiront grâce à un homme de parole. Cet homme qui s’était engagé à tenir sa promesse de les libérer quand ils auraient terminé leur déminage. Ils le regardent et s’enfuient vers la liberté. Un autre enfer les attend…

      Nous avons été très touchés par ce film qui retrace un moment peu glorieux de la fin de la seconde guerre mondiale. Moment où les valeurs démocratiques ont été bafouées, foulées au pied. Facile de désigner un « bouc-émissaire » contre lequel la haine pouvait s’exprimer si facilement. La souffrance engendre la haine et celle-ci alimente cette même haine. Cercle vicieux infernal. Que ces Oubliés ne retombent pas une seconde fois dans l’oubli et donnent à réfléchir aux adultes de notre époque tourmentée.

 

Abdel – Edouard – Théo de la classe de 1COM

Pièces jointes