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Prix Jean Renoir des lycéens

CRITIQUE N°8- TRAMONTANE

Par ANAIS HANSE, publié le lundi 3 avril 2017 13:55 - Mis à jour le mardi 20 juin 2017 09:51
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Deux critiques, deux regards différents portés sur le film Tramontane de Vatche Boulghourjian.

CRITIQUE N°1

RESUME :

Rabih, un jeune chanteur aveugle, est invité avec sa chorale à se produire en Europe.  Lors des formalités pour obtenir son passeport, il découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents. Un mensonge qui l’entraîne dans une quête à travers le Liban, à la recherche de son identité.


CRITIQUE :

Lorsque débute le film, une vidéo cassette est visionnée. Nous apercevons un petit garçon jouer d’un instrument de musique. Vidéo qui a l’air de dater. Puis, une famille est réunie au bord d’une table, sur la terrasse d’un jardin. Une famille souriante. C’est alors qu’une femme se leva, allant chercher un jeune homme, tenant à sa main un « tambour ». Très vite, nous nous rendons compte que celui-ci est aveugle. Effectivement, la femme lui tient la main. Le jeune homme s’assit auprès de sa famille et se mit à jouer de la musique et chanter. Etant dans une école de chant pour les personnes aveugles, celui-ci est invité avec sa chorale à se produire en Europe. Par la suite de cet évènement, celui-ci apprendra des choses qu’ il ignorait. En effet, Rabih n’a ni carte d’identité, ni acte de naissance. Mais ne connaissant pas la véritable identité de ses parents biologique, et sa ville de naissance, le jeune homme est dans l’obligation de créer une fausse carte d’identité, un faux acte de naissance, et un faux passeport. Rabih, accumulant tant d’émotions en si peu de temps, se console en jouant de la musique ainsi qu’en chantant des chansons, qui la plupart, résument sa vie. Rabih considère tout de même sa mère adoptive comme sa mère biologique, car l’amour est plus fort que tout.

Clara PLOTEAU 1COM

Floriane RONTARD 1COM

 

CRITIQUE N°2  : la classe de 1COM du LP Paul Emile Victor

 

      Tramontane. C’est le nom d’un vent du sud. C’est aussi le film de Vatche Boulghourjian qui retrace l’histoire d’un homme jeune, Rabhi parti sur les traces de sa propre histoire. Qui est-il vraiment ? Qui sont ses véritables parents ? Pourquoi lui a-t-on caché la vérité sur ses origines ?

     Il découvre  fortuitement, en voulant se rendre en Europe pour le concert de sa chorale d’aveugles. Son passeport lui est refusé car ce serait un faux.  Le héros de ce film libanais est aveugle. Il pense l’être de naissance…ses yeux nous font l’impression d’une plaie, d’une douleur enfouie, celle du Liban. Car, ce film n’est pas seulement cette quête d’identité, c’est l’histoire d’un pays meurtri par des affrontements fratricides.

    Cependant, ce film n’est pas que noirceur. Il est ponctué par la musique classique libanaise. Musique enjouée, aux paroles pleines de sagesse et de beauté. Cette musique rythme le film, et les paroles résonnent en nous ; particulièrement à la fin du film quand la mère adoptive regarde celui qu’elle considère comme son fils chanter. Et là, les paroles raisonnent en nous aussi. Elles font sens. Elles sont très fortes. Poignantes. Intemporelles. La mère alors revit. Ses yeux s’illuminent. Son fils lui est rendu. Elle pensait l’avoir perdu dans cette recherche de ses racines et de la vérité.

    Ce fils aux yeux morts apprend qu’il est mort pour sa famille de sang. Le petit n’a jamais été retrouvé. On a enterré un cercueil vide. Le message est clair. Ce jeune en quête d’identité ne sera pas accueilli à bras ouverts par sa « vraie famille ».

    Alors que lui reste t-il ? Retrouver sa famille adoptive. Accepter l’inacceptable. Son oncle est surement un assassin. Il a probablement tué ses parents. Ou fermé les yeux sur ce massacre dans ce petit village de montagne libanais. Il accepte donc ce passeport qui lui donne un nom. Lui permettra d’aller en Europe.

    Cette vérité personnelle nous plonge dans la vérité historique. Un pays meurtri. Des villages incendiés. Des massacres perpétrés par des milices chrétiennes. Alors, peut-on tourner la page en « faisant comme-si » ? En pardonnant aux assassins ? En vivant au milieu des assassins de nos proches ? Ces questions se posent dans ce film touchant, sans sombrer dans le mélo ni la facilité.

Pièces jointes